Istres

Pascal Génot est docteur en sciences de l'information et de la communication, spécialiste des liens entre patrimoine culturel et identités collectives. Il est l'auteur de l'ouvrage La Corse au regard du film amateur (2003) et enseigne la sociologie des publics à l'Université de Montpellier. Il est également scénariste de bande dessinée et a publié la trilogie Sans pitié, une BD «noire» entre Marseille et l’Algérie.

Pour Pascal Génot, les films de familles, faits à l'origine pour un usage privé et être diffusés au sein du cercle familial, ont acquis avec le temps une dimension patrimoniale publique à laquelle ils n'étaient pas a priori destinés. Depuis les années 1980, les cinémathèques régionales jouent un rôle prépondérant dans ce processus de fabrication d'un nouveau patrimoine cinématographique et audiovisuel.
Il met en avant dans ces deux extraits le fait que les films de familles deviennent patrimoine du fait qu’on l'ait décidé, d'une certaine manière on considère leur valeur. Mais il ne s'agit pas vraiment de mémoire collective puisque chaque film nous donnera à voir un point de vue subjectif, celui du cinéaste, chaque spectateur ne s'y retrouvera pas de la même manière...

Premier extrait : Cinéma amateur et mémoire collective



Deuxième extrait : Du film de famille à la collection 


Les sujets de réflexion sur les relations entre ville et cinéma ne manquent pas. Dans cette conférence, Roger Odin s'est intéressé à la relation entre les cinéastes amateurs et la ville, en prenant l’exemple d’Istres grâce aux archives de Cinémémoire. Comment les cinéastes amateurs parlent-ils de la ville, ou plus exactement de leur ville? Quel point de vue adoptent-t-ils? Celui de l’ethnographe involontaire (le cinéaste familial), de l’amoureux passionné de sa ville ou des traditions, de l’esthète qui aime la belle image, du cinéaste engagé voire militant, du témoin, du touriste, du documentariste, du cinéaste qui veut vraiment «faire du cinéma» ? Autant d'approches variées abordées dans cette conférence.

 

1er extrait : Pourquoi fait-on des films amateurs ? 

Dans cet extrait Roger Odin met en avant le fait que l'arrivée d'un bébé dans une famille est la raison majeure de l'achat d'une caméra. Au départ on est dans le film de famille car c'est le gage que la famille va perdurer, montrer le bébé c'est une question identitaire. De plus "il n'y a rien qui ressemble le plus à un film amateur qu'un autre film amateur". C'est la vertu du film d'amateur : on peut le partager.

 

2ème extrait : Les repas dans le cinéma amateur.

Il met en avant ici le fait que ces documents familiaux vont devenir des documents ethnologiques, sociologiques très importants pour le futur, afin d'analyser notre mode de vie à l'époque dans notre région. Un ethnologue dans 50 ans qui trouve ces images va pouvoir faire une analyse de cette institution qu'est le repas de famille en Provence. C'est une structure très codée, on mange, on s'embrasse et on fait la fête. Il y a aussi une stratégie pour que le cinéaste ne soit pas exclu du film de famille (on lui tend un plateau, on trinque avec lui). Le film permet d'immortaliser des rituels qu'on a tellement intégrés qu'on ne les voit plus. Si on filme le repas avec cet intérêt c'est que c'est un rituel important, car culturellement ça nous définit.

3ème extrait : Du cinéaste de famille au cinéaste documentaire.

Roger Odin parle ici de la transformation du cinéaste familiale en reporter. Cela arrive de manière exceptionnelle lorsqu'il se passe un événement vraiment rare (neige dans le sud, les moutons dans la ville...), alors le film de famille se fait document.

 

 

Roger Odin est professeur émérite de Sciences de la Communication à l'Université Paris III - Sorbonne Nouvelle où il a dirigé l’Institut de Recherche en Cinéma et Audiovisuel de 1983 à 2003. Théoricien de l’approche sémio-pragmatique, il s’intéresse au cinéma documentaire (L'âge d'or du cinéma documentaire : Europe années 50, 2 vol, L'Harmattan, 1997), aux productions amateurs et au film de famille (Le film de famille , Méridiens-Klincksieck, 1995; «Le cinéma en amateur», Communications n°68, Seuil, 1999). Aujourd’hui, il codirige avec L. Allard et L. Creton le groupe de recherche de l’IRCAV «Téléphones mobiles et création» et a publié plusieurs articles sur ce sujet.

 

 

Immortels, une installation vidéo de Claude Bossion à la Chapelle Saint Sulpice, Istres

Claude Bossion, réalisateur et fondateur de Cinémémoire, cinémathèque de films inédits à Marseille, met en scène la mémoire cinématographique collectée au cours de trois années d’immersion dans la ville d’Istres. En arpenteur d’images, il fait jaillir de ces films devenus patrimoine les souvenirs intimes des Istréens.
La machine d’immortalité mise en route par le cinéaste amateur assure la survivance des petits événements, des gestes, des manières d’êtres d’un temps passé au rythme du défilement des pellicules, un temps enregistré, projeté, rembobiné, devenu intemporel.

Une exposition réalisée dans le cadre du projet Arpenteurs d'Images / Enreg#Istres, en partenariat avec le Pôle Intercommunal du Patrimoine Culturel du Conseil de Territoire Istres
Ouest-Provence.


Une vidéo des images tournées lors du vernissage et de la conférence de Pascal Génot, un moment agréable d'échange inter générationnel. La beauté du lieu d'exposition permet d'autant plus de faire ressortir les œuvres des vidéastes amateurs mis en scènes par Claude Bossion.
Lien de la vidéo

Exposition du 11 avril au 16 mai 2018
Visite de l'exposition commentée par Claude Bossion, le 16 mai 2018 à 17h, sur réservation.
Prochaine conférence le 16 mai 2018 à 18H, par Roger Odin «La ville et les cinéastes amateurs» entrée libre, sur réservation.

Chapelle Saint-Sulpice
Chemin de Tivoli, étang de l’Olivier - 13800 Istres
infos + www.istres.fr/mediation ✆ 04 42 55 50 83
Horaires d'été: de 9h30 à 132h30 et de 15h à 19h

Télécharger le dossier de presse

Les « Arpenteurs d’images » continuent leurs actions à Istres de 2016 à 2018 autour de la collecte et de la valorisation du patrimoine audiovisuel de la commune avec  le projet Enreg#Istres



Les Arpenteurs d'images creusent le sillon de la mémoire à Istres en présentant la première étape d'un film participatif : Enreg~I
stres

D'étapes en étapes, les Arpenteurs d'images interrogent depuis 2015 les représentations de la ville d'Istres
à travers les films amateurs et les témoignages des habitants. Les petits films privés restaurés et numérisés, et les histoires intimes des habitants rejoindrons la collection de Cinémémoire, cinémathèque de films inédits à marseille. Ils permettront de montrer une image plus juste et plus réelle de la ville en étant intégrés à la réalisation d'un film en 2018 : Enreg~Istres.

Comment évoluent les représentations du territoire ? Certaines sont elles amenées à
disparaître ? Quelles sont les images du futur?

Résidence de création: Claude Bossion pose sa valise et ses bobines à Istres, du 6 au 13 novembre 2016

 

Comment évoluent les représentations du territoire ? Certaines sont elles amenées à
disparaître ? Quelles sont les images du futur?

Dans le cadre de son projet participatif «Arpenteurs d’images», Cinémémoire  revient en résidence à Istres.  

Après la « ciné-enquête : Istres et ses environs au siècle dernier », qui s’était tenue au Magic Mirror en novembre 2015, des Istréens se sont mobilisés pour la collecte d’images en confiant leurs films de famille à Cinémémoire.