Les sujets de réflexion sur les relations entre ville et cinéma ne manquent pas. Dans cette conférence, Roger Odin s'est intéressé à la relation entre les cinéastes amateurs et la ville, en prenant l’exemple d’Istres grâce aux archives de Cinémémoire. Comment les cinéastes amateurs parlent-ils de la ville, ou plus exactement de leur ville? Quel point de vue adoptent-t-ils? Celui de l’ethnographe involontaire (le cinéaste familial), de l’amoureux passionné de sa ville ou des traditions, de l’esthète qui aime la belle image, du cinéaste engagé voire militant, du témoin, du touriste, du documentariste, du cinéaste qui veut vraiment «faire du cinéma» ? Autant d'approches variées abordées dans cette conférence.

 

1er extrait : Pourquoi fait-on des films amateurs ? 

Dans cet extrait Roger Odin met en avant le fait que l'arrivée d'un bébé dans une famille est la raison majeure de l'achat d'une caméra. Au départ on est dans le film de famille car c'est le gage que la famille va perdurer, montrer le bébé c'est une question identitaire. De plus "il n'y a rien qui ressemble le plus à un film amateur qu'un autre film amateur". C'est la vertu du film d'amateur : on peut le partager.

 

2ème extrait : Les repas dans le cinéma amateur.

Il met en avant ici le fait que ces documents familiaux vont devenir des documents ethnologiques, sociologiques très importants pour le futur, afin d'analyser notre mode de vie à l'époque dans notre région. Un ethnologue dans 50 ans qui trouve ces images va pouvoir faire une analyse de cette institution qu'est le repas de famille en Provence. C'est une structure très codée, on mange, on s'embrasse et on fait la fête. Il y a aussi une stratégie pour que le cinéaste ne soit pas exclu du film de famille (on lui tend un plateau, on trinque avec lui). Le film permet d'immortaliser des rituels qu'on a tellement intégrés qu'on ne les voit plus. Si on filme le repas avec cet intérêt c'est que c'est un rituel important, car culturellement ça nous définit.

3ème extrait : Du cinéaste de famille au cinéaste documentaire.

Roger Odin parle ici de la transformation du cinéaste familiale en reporter. Cela arrive de manière exceptionnelle lorsqu'il se passe un événement vraiment rare (neige dans le sud, les moutons dans la ville...), alors le film de famille se fait document.

 

 

Roger Odin est professeur émérite de Sciences de la Communication à l'Université Paris III - Sorbonne Nouvelle où il a dirigé l’Institut de Recherche en Cinéma et Audiovisuel de 1983 à 2003. Théoricien de l’approche sémio-pragmatique, il s’intéresse au cinéma documentaire (L'âge d'or du cinéma documentaire : Europe années 50, 2 vol, L'Harmattan, 1997), aux productions amateurs et au film de famille (Le film de famille , Méridiens-Klincksieck, 1995; «Le cinéma en amateur», Communications n°68, Seuil, 1999). Aujourd’hui, il codirige avec L. Allard et L. Creton le groupe de recherche de l’IRCAV «Téléphones mobiles et création» et a publié plusieurs articles sur ce sujet.